Moussa Konaté
La malédiction du lamantin
Une nouvelle enquête du commissaire Habib.
En vertu d'une tradition ancestrale, les familles Kouata, réputées pour leurs connaissances des mystères du monde aquatique, vivent au cœur du fleuve Niger. Un jour pourtant, un violent orage noie le campement. Réunis d'urgence chez le vieux Kouata, les notables de la tribu affirment qu'il s'agit d'une malédiction et accusent l'un des leurs d'en être à l'origine. Des années plus tôt en effet, le totem de la tribu, un lamantin, a été dérobé pour être vendu à un colon.
Mais les choses ne s'arrêtent pas là : l'épouse du vieux Kouata est bientôt retrouvée morte, foudroyée, dans sa cour. La panique s'empare alors des esprits. Convaincu néanmoins que sa mère a été assassinée, le fils Kouata fait appel au commissaire Habib.
Jamais enquête n'aura été aussi pénible : tout le monde croit au surnaturel. Les recherches du commissaire lui attirent l'hostilité des populations, mais aussi de sa propre famille. Pis, il est sommé de cesser ses investigations. Une seule issue : démissionner.
Son fidèle adjoint Sosso va reprendre l'enquête et sonder, à ses risques et périls, les mémoires des Kouata, leurs secrets les plus enfouis...
On en parle...
« Un policier aux prises avec un lamantin ! Voilà bien l'adversaire le plus étrange mais aussi le plus redoutable que le commissaire Habib Keita, de la police criminelle de Bamako, aura eu à affronter.
(...) Il serait évidemment tentant, et simpliste, d'opposer la logique rationnelle d'une investigation reposant sur des constatations objectives à ce qu'on pourrait qualifier de superstitions d'un autre âge, ou d'imaginer que ces croyances servent tout bonnement à masquer des visées criminelles.
La démarche de Moussa Konaté est plus subtile. Aux exigences d'une intrigue policière captivante se mêle un souci quasiment ethnographique de faire découvrir la culture d'une des populations composites du Mali. Ce qu'il parvient bien à mettre en évidence, c'est la lutte entre un pouvoir politique hérité de la période coloniale et un pouvoir ancestral détenu par les anciens, garants de la tradition. Formé à l'école des Blancs, comme son personnage de commissaire Keita, Moussa Konaté explore le champ des croyances et traditions populaires avec un certain recul, à la fois pour en dresser une sorte d'inventaire et pour en analyser le fonctionnement.
Si ses romans y gagnent une touche d'exotisme, ils sont surtout une réflexion lucide et désabusée sur l'exercice du pouvoir dans les sociétés africaines. »
(Gérard Meudal,
Le Monde des Livres, 24.07.2009)